Article paru dans Ouest-France 04/04/2017.oustfrance0405

Pays de Morlaix. Déjà plus de 500 personnes ont testé le triporteur !

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L’antenne locale de l’association À vélo sans âge a vu le jour en septembre. Elle transporte des personnes à mobilité réduite leur offrant « le droit à la sensation du vent dans les cheveux ».

Convoi peu banal, lundi, au centre-ville de Morlaix. Deux triporteurs rouges déambulaient dans les rues, ceux de l’antenne locale de l’association A vélo sans âge qui lutte contre l’isolement des personnes à mobilité réduite, quel que soit leur âge.

L’antenne est portée par Ernest Le Bris, ancien éducateur spécialisé. Un programme « citoyen » avec, au menu, l’hôtel de ville, le palais de justice, le centre des impôts, concocté en partenariat avec le foyer d’accueil du Triskel, à Plougonven.

Autre chose que du soin

Pascale est bénévole depuis le mois d’octobre : « Je suis aide médico-psychologique à l’Ehpad de Plouvorn. Pédaler avec eux, ça permet d’avoir une autre approche que celle du soin, d’être dans la convivialité. »

Le principe est simple : deux personnes peuvent être transportées à l’avant de ce vélo électrique, muni de ceinture. Une capote permet d’être abrité en cas d’intempéries et une couverture imperméable permet de rester au sec. Du confort côté passager.

Côté pilote : « Il faut un peu d’entraînement pour les braquages notamment mais sinon on cherche un pilote convivial plutôt que costaud, explique Ernest Le Bris, président de l’association. D’ailleurs, on cherche des gens disponibles à former ! »

Sensations endormies

Un outil simple aux multiples bienfaits ! Les 5 600 € d’investissements (prix d’un triporteur) permettent aux utilisateurs de retrouver des sensations et des souvenirs endormis. « Les personnes que l’on transporte sentent les odeurs, sentent les vibrations de la route. Ils ont le vent dans les cheveux, des sensations qu’ils ne connaissent plus. »

Il permet de rompre l’isolement pour que ces personnes soient dans la vie sociale : « Quand on passe, les gens leur font un signe de la main, les saluent. Ils sont ravis car ils existent. »

L’échange est important : « Ça peut être des mots mais aussi des gestes. Certaines personnes très fermées se libèrent. On retourne sur des lieux où ils ont habité et ont des histoires à nous raconter ! La semaine dernière, on a pu emmener une dame de l’Ehpad personnes âgées dépendantes) de Carantec sur le port. » Courte distance pour un grand moment.

Bientôt un troisième vélo

Personnes âgées, adultes, adolescents et enfants peuvent être aussi transportés avec des membres de la famille. « On a pu faire une balade avec une dame, son fils et son chien qu’elle ne voit plus car il est gardé par son fils. On peut transporter des gens qui sont chez eux. On les emmène boire un café chez leurs enfants ou on s’arrête manger un gâteau. On a transporté 500 personnes. » Bientôt, un nouveau triporteur permettra de fixer directement un fauteuil roulant à l’avant : « Il doit arriver d’ici là fin du mois ! »

Le site de l'association À vélo sans âge du pays de Morlaix